Afrique du Sud / Clap de fin

Un mois en Afrique du Sud, le temps de rencontrer des femmes à Cape Town, Johannesburg et même dans la brousse. Un panorama de femmes hors du commun alliant rangers, chef culinaire, directrice d’édition et agricultrices urbaines. Découvrez les conseils que nous avons glané dans cet article.

Les femmes que nous avons rencontrées

Melanie Verwoerd – Verwoerd. Ce nom évoque les horreurs du passé de l’Afrique du Sud, en référence au Premier Ministre Hendrik Verwoerd considéré comme l’architecte de l’apartheid. Et pourtant, Melanie Verwoerd lui donne une autre connotation. Enrôlée très tôt dans l’ANC, le parti de Nelson Mandela, elle devient à 27 ans la plus jeune femme à être élue au Parlement. Elle a participé à la reconstruction du pays pendant 8 ans, notamment avec la rédaction de la nouvelle Constitution, pour ensuite passer en diplomatie, en tant qu’Ambassadrice d’Afrique du Sud en Irlande, et enfin devenir Directrice d’UNICEF Irlande. Désormais analyste politique de renommée, elle écrit des livres et partage son parcours exceptionnel avec nous.

Emma Hosking et Kim Bloch – Emma Hosking et Kim Bloch sont les fondatrices de Umthunzi Farming Community. Leur objectif : émanciper économiquement les petits agriculteurs issus des bidonvilles de Cape Town. De façon hebdomadaire, elles récoltent leurs légumes pour les livrer partout à travers la ville. Nous nous sommes rendues dans le bidonville de Nyanga pour assister à l’une de ces récoltes.

Nompumelelo Mqwebu – Elle est l’une des chefs culinaires les plus en vue du continent africain : Nompumelelo Mqwebu aka Chef Lelo. De la création d’un restaurant éphémère, à celle d’un festival panafricain de cuisine, en passant par la rédaction du livre Through the Eyes of an Africain Chef, Nompumelelo donne un souffle nouveau à la cuisine sud-africaine en la propulsant sur la scène internationale. Elle nous livre son parcours.

Thabi Leoka – Thabi Leoka est l’une des économistes les plus respectées d’Afrique du Sud. Née à Soweto, son ambition était de devenir la première femme présidente de son pays. Elle s’est finalement dirigée vers la banque, où argent et pouvoir sont légion. Elle fait ses classes chez Barclays à Londres puis à la Standard Bank à Johannesburg, où elle compare ses journées à des matchs de rugby où elle affronte les traders avec agressivité et fermeté. Désormais à la Société Publique d’Investissement (le plus grand gestionnaire de fonds du pays, avec plus de 3 trilliards de rands sous gestion), elle travaille au sein de la Commission d’enquête sur les cas de corruption, de mauvaise gestion et de manque de transparence au sein de l’Institution. Une femme de poigne qui n’a pas peur de montrer les crocs.

Tabhiso Malhape – La littérature sud-africaine prend un nouveau tournant avec Tabhiso Malhape, la première femme noire à la tête d’une maison d’édition en Afrique du Sud. Incubée par Jacana Media, Thabiso a lancé BlackBirds Books, une maison d’édition pour les écrivains noirs contemporains. De stagiaire à directrice d’édition, Tabhiso nous raconte son ascension dans le monde très concurrentiel et discriminatoire de l’édition.

Michelle Henley – Michelle Henley a dédié sa vie à la sauvegarde des éléphants en Afrique du Sud. Michelle Henley, lauréate du prix national de la Société pour la Faune et l’Environnement en 2013, rêvait déjà à 5 ans de devenir garde forestière. En 2003, elle a fondé Elephants Alive, organisme œuvrant pour la conservation de l’espèce en Afrique du Sud.

Les Black Mambas Black Mambas, c’est la première unité anti-braconnage au monde à être composée à 100% de femmes. Lancé en 2013, l’idée du projet est à la fois de lutter contre le braconnage mais aussi créer du lien dans les communautés locales en insistant sur les bénéfices de la conservation plutôt que du braconnage. Leur conviction, c’est que la lutte contre le braconnage ne se gagnera pas avec des armes, mais en incluant les populations locales dans la bataille et en se concentrant sur l’éducation des plus jeunes.

Miriam Altman – Économiste de renom, fine stratège des grands groupes, activiste sociale… Miriam est une travailleuse insatiable. Après sa lutte contre l’apartheid, elle joue un rôle majeur dans l’élaboration des politiques liées à l’emploi et la réduction de la pauvreté en Afrique du Sud. Trois années lui suffisent pour redresser Telkom en prenant la tête de la stratégie entre 2013 et 2016. Comme son travail professionnel, son engagement civique ne connaît pas de limites : Amnesty International, Fondation Tiger Brands, Youth Initiative Program, etc. Son leitmotiv est simple : générer un impact positif économiquement et socialement.

Retours et réflexions sur l’Afrique du Sud

Ne pas se limiter aux codes dit « féminins »

En Afrique du Sud, les femmes sont là où on ne les attend pas. Dans la brousse, les Black Mambas risquent leurs vies pour défendre les rhinocéros des braconniers, le tout sans le moindre armement. Même chose pour Michelle Henley à qui on a pourtant martelé qu’une femme ne pouvait pas devenir ranger. Elles ont bien su prouver le contraire ! Michelle Henley le dit : il faut suivre son instinct, croire en ses convictions et se montrer implacable pour les défendre. Et évidemment, savoir se remettre en question dans les situations difficiles.

Dans la sphère familiale la cuisine est souvent l’apanage des femmes alors que dans la sphère professionnelle, elle devient une affaire d’hommes. Chef culinaire et femme, Nompumelelo Mqwebu a réussi le tour de passe de propulser la cuisine sud-africaine sur la scène internationale. Nompumelelo Mqwebu en est convaincue : rien ne peut s’opposer à une passion lorsque le travail est à sa hauteur.

Autre exemple : le monde de la finance est connu pour être dominé par des hommes blancs âgés mais Thabi Leoka a fait sa place. Après plusieurs tables rondes et conférences, elle a su faire entendre sa voix et gagner sa légitimité. Même chose pour l’économiste Miriam Altman que le CEO de Telkom est venu débaucher pour définir la stratégie de l’entreprise dans une phase de déclin rapide.

On place régulièrement les femmes dans des carcans. Traditionnellement, certaines professions se veulent plus « masculines » que « féminines » et vice-versa mais les codes se bousculent. Toutes ces femmes sont autant d’exemples qui réussissent malgré les préjugés. Fini les brimades, fini l’autocensure.

Assumer son ambition

Dans certaines oreilles, « être ambitieuse » peut avoir une connotation péjorative. Trop carriériste, trop compétitive, trop prétentieuse. Pourquoi faire de l’ambition une tare lorsqu’elle est féminine ? En tout cas, les femmes que nous rencontrons prouvent qu’il n’y a pas de honte à être ambitieuse.

Alors que personne n’aurait misé sur elle, Thabiso Malhape est devenue la première femme noire sud-africaine à la tête d’une maison d’édition. Nompumelelo Mqwebu s’est fixée l’objectif audacieux de faire connaître la cuisine sud-africaine sur la scène internationale. Malgré son nom de famille, Melanie Verwoerd a eu le courage de s’engager à l’ANC et faire tomber l’apartheid. Avec le rêve de devenir Présidente de la République, Thabi Leoka s’est finalement tournée vers la finance pour avoir un train de vie confortable. Et elle n’a pas honte de le dire.

Pour elles, ambition rime avec audace, dynamisme, motivation, prise d’initiative, confiance en soi. Soyez fières de vos ambitions.

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