Botswana / Clap de fin

Après notre court passage dans la capitale botswanaise, voici les conseils que nous retirons des quatre femmes que nous avons rencontrées.

Les femmes que nous avons rencontrées

Lepata Mafa – Lepata Mafa s’est toujours évertuée à protéger ses proches et à défendre leurs droits. Et c’est pourquoi elle est devenue avocate. Mais dès lors qu’elle a eu à défendre un client allant à l’encontre de ses valeurs, elle a préféré s’en tenir aux droits des affaires. Après avoir mis en place un département anti-blanchiment d’argent à la Stanbic Bank, elle est devenue directrice des affaires commerciales et de la conformité d’Orange Botswana intégrant ainsi le comité exécutif. Lepata Mafa revient sur son parcours qui dénote de sa droiture.

Tumie Ramsden – Tumie Ramsden est une championne des grands écarts. D’abord dans ses études : elle a voulu devenir pharmacienne, a fini par faire des études de comptabilité. Puis dans sa carrière : après quelques stages dans le secteur bancaire, elle a décidé de tout quitter pour se lancer dans la radio. 11 ans et le prix de meilleure présentatrice radio plus tard, elle retourne dans la banque chez Standard Chartered, puis les télécommunications avec Orange, pour finir chez UNICEF. Sa constante : son métier. Elle est une spécialiste de la communication institutionnelle et assure les relations avec le secteur privé depuis ses débuts dans le domaine. Un exemple de parcours atypique, preuve que nos études ne nous prédestinent pas et que faire le grand écart dans ses choix peut être une stratégie de carrière valable, tant qu’on garde une constante.

Mavis Nduchwa – Saviez-vous que les abeilles permettent d’éloigner les éléphants des habitations ? C’est de ce constat dont est partie Mavis Nduchwa pour développer Kalahari Honey, une entreprise de production de miel provenant du désert botswanais, dans le pays à la plus grande densité d’éléphants au monde. Aujourd’hui, Kalahari Honey produit 12 tonnes de miel par mois et s’exporte jusqu’aux Etats-Unis. Depuis la petite ferme où elle a grandi, Mavis Nduchwa a construit un empire à la force de sa détermination, de sa créativité et de son esprit d’initiative.

Alice Mogwe – Alice Mogwe est une fervente activiste pour les droits de l’homme. Nous l’avons rencontrée deux jours après sa nomination à la Présidence de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), et à la tête de 193 ligues et de 112 pays membres, Alice a déjà de la bouteille dans le domaine. Fondatrice et présidente de Ditshwanelo, le Centre botswanais pour les droits de l’homme, elle s’est donnée comme mission de venir en soutien à ceux qui ne peuvent pas accéder au système légal, alors même qu’elle a fait des études de droit. Un parcours de vie qui force le respect et nous pousse à nous questionner sur nos motivations.

Retours et réflexions sur le Botswana

Une carrière régie par des valeurs

Parmi ces quatre femmes, une chose est sûre : il faut construire sa carrière en accord avec ses valeurs. Alice Mogwe en est l’exemple incarné : malgré ses études de droit, elle n’a jamais voulu exercer le droit. Au contraire, elle a voulu s’investir pour ceux qui ne pouvaient même pas mettre un pied dans le système. Désormais à la tête de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Alice Mogwe dédie sa vie aux droits humains avec toujours en tête sa valeur phare, le botho, selon laquelle il existe un lien inextricable entre tous les hommes. Ce qui implique d’assurer à chaque être humain la dignité qu’ils méritent.

Défenseuse des droits, c’était aussi le projet de Lepata Mafa qui souhaitait être capable de protéger son entourage. Pourtant, dès lors qu’elle a eu à défendre un homme accusé de viol, elle n’a pas à hésiter à changer de voie. En accord avec ses valeurs, elle s’est finalement dirigée vers le droit des affaires : depuis, elle a créé le département anti-blanchiment d’argent à la Stanbic Bank et elle est désormais à la tête de la légalité et de la conformité chez Orange où elle s’investit aussi énormément pour la Fondation. Des valeurs qu’elle transpose aussi au quotidien avec ses employés et ses collègues en développant un style de leadership basé sur la confiance et l’écoute.

Autre exemple, celui de Mavis Nduchwa : alors qu’elle gagnait bien sa vie dans le tourisme, elle n’y trouvait pas de sens. C’est ainsi qu’elle a décidé de placer toutes ses économies dans des projets communautaires. Et on peut dire que ça lui a réussi ! Aujourd’hui, Mavis est à la tête de Kalahari Honey qui produit plus de 12 tonnes de miel chaque mois et permet d’assurer des revenus à des centaines de femmes en zone rurale. Alors qu’elle était convaincue de prendre sa retraite dès lors qu’elle aurait gagné suffisamment d’argent, aujourd’hui elle continue bel et bien de travailler pour changer la vie d’autres femmes et faire connaître son pays sur la scène internationale.

On peut enfin citer Tumie Ramsden qui après être passée par la banque, la radio et les télécommunications, travaille désormais chez UNICEF. En bref, ces femmes sont autant d’exemples prouvant qu’il est possible de concilier carrière et valeurs et qu’il s’agit même d’un point incontournable pour s’épanouir dans sa profession. Cela nous amène à se questionner sur le sens que l’on souhaite donner à sa vie et de fait, à son métier.

Savoir s’entourer de soutiens

Un autre point que soulèvent Lepata, Tumie, Alice et Mavis c’est la nécessité de s’entourer de personnes capables de vous soutenir dans votre vie personnelle et/ou professionnelle.

En premier plan, le soutien familial. Alice Mogwe souligne que le soutien de ses parents lui a été indispensable dans ses prises de décisions : de son mariage à un néerlandais, à son choix de ne pas exercer le droit, en passant par son envie d’étudier en Afrique du Sud pendant l’apartheid. De même, Lepata Mafa nous rappelle comme il est important pour elle de se ressourcer auprès de sa famille. D’où l’importance pour ces femmes de tracer une ligne claire entre sphère professionnelle et personnelle.

Sur le plan professionnel, il faut aussi être soutenue et cela passe bien souvent par le réseau. Mavis Nduchwa et Tumie Ramsden se sont entourées de mentors, femmes et hommes qui les ont aidé à façonner leur carrière. Elles insistent sur l’importance de nouer des liens avec des personnes capables de nous conseiller et nous aiguiller dans notre vie professionnelle. Mavis Nduchwa parle d’une « personne doté d’un extra-sens » qui vous connaît bien mais vous apporte aussi un regard extérieur.

Attention, ce soutien doit aussi être réciproque. Il est nécessaire de rendre la pareille à son entourage ou son réseau. Pour Lepata Mafa, protéger son entourage, l’aider à progresser et évoluer, c’est aussi une façon de conserver son équilibre psychique. Concernant le réseau, il faut l’entretenir et ne pas toujours être dans la posture de celui qui demande de l’aide. Conseillez intelligemment et soyez créateurs d’opportunités dès que vous le pouvez, on vous le rendra bien.

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