Egypte : Le B.A.-BA.

Un peu d’histoire

L’Egypte a une histoire des plus fascinantes : berceau de la civilisation humaine, terre des pharaons.

Les femmes ont joué un rôle non négligeable dans cette histoire : bien que ne pouvant pas accéder au poste suprême de pharaon, elles agissaient souvent en tant que co-dirigeantes ou dirigeantes intérimaires. On peut notamment mentionner les reines Cléopâtre (qui a dirigé l’Egypte aux côtés de Marc-Antoine et a été co-régente de ses deux frères-maris) et Nefertiti, qui était la femme principale du pharaon Amenhotep IV.

De façon plus générale, les femmes, dans l’Antiquité, dépendaient dans leur jeune âge de leur père et de leur frère. Une fois mariée, leurs décisions revenaient à la charge de leur mari. On attendait d’elles qu’elles s’occupent du foyer et mettent au monde des enfants, surtout des garçons. L’idéal étant d’en enfanter 2 et de les marier, ce qui assurait le contrôle sur les familles grandissantes de leur descendance.

Les vagues de politiques féminines

Par tradition, les contacts entre hommes et femmes ont eu tendance à être réduits au minimum, notamment à travers le port du voile ou la ségrégation de genres à l’école et au travail.

Gamal Adbul Nasser va quant à lui instaurer ce qui s’appelle du féminisme étatique : les femmes ont obtenu le droit de vote, le congé maternité a été protégé, la Constitution de 1956 a interdit noir sur blanc les discriminations de genre. Cependant dans la même période, les mouvements féministes indépendants ont été sévèrement réprimés.

Avec le régime Sadat et le retour à des politiques d’influence religieuse, les femmes ont été encouragées à moins travailler, et le chômage féminin est passé de 5,8% en 1960 à 40,7% en 1986.

Le choc du printemps arabe

Janvier 2011. Les images chocs de la révolte populaire place Tahrir qui a mis fin au régime Moubarak restent encore claires dans les esprits. Point de départ des printemps arabes, les égyptiens et les égyptiennes se sont soulevés pour faire tomber la dictature, pour obtenir plus de libertés et de droits. 8 ans après, qu’en reste-il ?

Le printemps arabe a porté de grands espoirs, et les femmes ont plus que largement contribué à cette révolution. Mais cette entrée fracassante dans l’espace public a aussi été source d’agressions sexuelles et de viols, autant par des civils que des policiers. La dictature a laissé place à une montée de l’islamisme et à un durcissement du patriarcat.

La nouvelle constitution de 2014 a cependant prévu dans son texte plus de libertés d’expression et accorde de nouveaux droits aux femmes. Ce n’est pas toujours le cas : à titre d’exemple, la loi dite « d’obéissance » permet à un homme de porter plainte contre son épouse si cette dernière quitte le domicile sans le prévenir. 

En avril 2017, la chanteuse Shyma, 21 ans, écopait de deux ans de prison pour « atteinte aux mœurs » dans l’une de ses chansons. Quelques mois plus tard, une présentatrice télé a été condamnée à 3 ans de prison pour avoir débattu autour de la grossesse hors mariage. Des exemples qui montrent encore la fragilité des avancées en termes d’égalité hommes-femmes.

Quelques chiffres

99,3% des femmes et jeunes filles égyptiennes ont été victimes d’une forme d’harcèlement sexuel (2013, Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes).

91% des jeunes Egyptiennes seraient excisées selon l’Unicef.

Le taux d’alphabétisation estassez bas : 35% des femmes sont analphabètes en Egypte.

Autant de statistiques qui font de l’Egypte le pays arabe le plus mal classé en termes de conditions des femmes d’après l’étude de la fondation Thomson Reuters. À noter que toujours d’après cette étude, trois des cinq pays ayant participé aux printemps arabes – Égypte, Syrie et Yémen – font partie des cinq pays les moins bien classés. La Libye arrivant 9e du classement et la Tunisie 6e.

Vers un second printemps arabe ?

Le point positif des printemps arabes est qu’ils ont permis de démocratiser la question du droit des femmes jusqu’alors réservée à une élite (cf le taux d’analphabétisme des femmes).

Aussi, le nombre de femmes au Parlement a bondi en faveur des législatives : 89 sièges sur 596, contre 9 précédemment (en 2012).

Et surtout, des mouvements féministes ont vu le jour, poussés par le sentiment d’inachevé laissé par le premier printemps arabe.

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