Germaine Acogny, mère de la danse africaine contemporaine

Née au Bénin, Germaine Acogny s’installe au Sénégal à l’âge de 4 ans avec son père. Petite-fille d’une prêtresse vaudou, elle puise son héritage gestuel de sa grand-mère. Dès son jeune âge, elle anime la cour de récréation de ses danses. Alors qu’elle mime les arbres, les enfants la traitent de folle mais ils ne cessent de revenir la chercher pour danser avec eux.  

Elle étudie en France pour devenir professeur de gym. Femme divorcée et mère de deux enfants, elle décide de revenir à Dakar en 1968 pour ouvrir sa première école de danse et arrondir ses fins de mois. Dans les années 70, elle fonde un groupe de majorettes sénégalaises – Les Majorettes du Lycée Kennedy – qui rassemble une cinquantaine de filles et est depuis devenu une institution.

Celle que Maurice Béjart appellera « sa fille noire », prend la tête de l’école Mudra Afrique de Dakar, co-créée avec Maurice Béjart et le président et poète Léopold Sédar Senghor. Une ribambelle d’interprètes y seront formés de 1977 à 1982. Suite à la fermeture de l’école, elle rejoint Béjart à Bruxelles où elle pilote de nombreux stages internationaux de danse africaines, très courus par le public européen. Elle renouvèle l’expérience dans son pays d’origine, dans le village de Fanghoumé en Casamance, au Sud du Sénégal où des personnes du monde entier s’y pressent.

Avec son mari Helmut Vogt, elle fonde en 1985 le Studio-Ecole Ballet-Théâtre du 3ème Monde à Toulouse avant de retourner au Sénégal pour construire le Centre International de Danse Traditionnelles et Contemporaine d’Afrique. C’est ensuite à Paris qu’elle exerce pendant trois ans, de 1977 à 2000, en tant que Directrice Artistique de la section Danse d’Afrique en Création et des Rencontres Chorégraphiques de Danse Africaines Contemporaines à Paris.

Germaine ne s’arrête jamais. De Dakar à Toulouse, en passant par Bruxelles, Francfort et Paris, elle n’a jamais cessé de peaufiner sa technique gestuelle en prenant garde de sauvegarder son héritage africain traditionnel. Savoir-faire qu’elle décrit en 1980 dans son livre Danse africaine, édité en trois langues.

En 2004, Germaine inaugure l’Ecole des Sables dans le petit village sénégalais de Toubab Dialaw, un centre international de danses traditionnelles et contemporaines africaines. Germaine veut faire de cette école un lieu d’échange et de rencontre entre danseurs africains et danseurs internationaux, mais surtout un lieu de dialogue entre générations. Comme elle le rappelle en reprenant un proverbe africain, « un vieillard assis voit plus loin qu’un jeune homme debout ». Pour l’avenir, il faudra s’associer.

A 76 ans, Germaine n’en a pas fini de danser. Chez elle, « les vieux dansent toujours et jusqu’au bout ». Son inspiration, elle la puisse lors de ses marches dans la mer qui borde l’Ecole des Sables. Aujourd’hui, elle travaille sur sa nouvelle pièce, un duo avec Malou Airaudo, figure emblématique de la compagnie de Pina Bausch, qui sera créé en 2020 à l’Ecole des Sables.

Je pense que j’étais destinée à ouvrir cette école et j’en remercie mes ancêtres et les forces de la nature. Je veux que l’Ecole des Sables se perpétue et que la jeunesse africaine prenne sa place et qu’elle soit fière de son Afrique.

Germaine Acogny

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