Heba Ali, accompagner l’entreprenariat égyptien

Rencontre avec Heba Ali, managing director d’Egypt Ventures, fonds de capital-risque visant à développer l’écosystème entrepreneurial égyptien.

Un fil rouge bien dessiné

Née à New York, Heba a eu des débuts de vie plutôt prometteurs : elle diplôme d’un Bachelor en Management Technology à l’Université allemande du Caire avant d’effectuer un master à la London School of Economics en développement économique (son focus de recherche : a critical economic analysis of tech entrepreneurship ecosystems).

A sa diplomation, Heba va se retrouver comme beaucoup à tâtonner pour se façonner le futur dont elle rêve. Elle sait cependant ce qu’elle ne veut pas faire : travailler dans un grand groupe. A partir de là, elle va s’investir dans des activités bénévoles autour des femmes entrepreneurs, et c’est comme cela qu’elle se trouvera en contact avec le MENA Businesswomen’s Network. Ce réseau cherche à développer et à faire grandir les projets de femmes entrepreneurs. On propose alors à Heba de devenir hub manager pour l’antenne Egypte, la 12ème antenne à se créer, ce qui en fait la plus jeune manager du réseau.

Cette première expérience complétée, Heba continue dans le domaine du soutien entreprenarial, cette fois-ci sans distinction de genre :  avec Endeavour Egypt, elle a comme mission de sélectionner et aider les entrepreneurs qui ont le plus de chances d’avoir un impact important sur l’économie égyptienne. 

De ses débuts en relation directe avec les entrepreneurs, Heba va ensuite passer par le Catalyst Program, un programme de soutien à l’écosystème entrepreneurial qui travaille avec tous types d’acteurs : fonds de capital-risque, réseaux de business angels, accélérateurs…. Puis de fil en aiguille, elle se rend compte que ce qui pêche le plus, c’est l’accès au financement : c’est face à ce vide que Heba décidera de se lancer dans le capital-risque, chez Egypt Ventures.

La scène entreprenariale égyptienne

S’il y avait beaucoup de manques à gagner en termes d’aide et soutien apportés aux entrepreneurs dans les dernières années, que ce soit en termes d’accès à des financements, à un réseau, à des marchés, l’Egypte a depuis bien évolué et compte bien plus d’acteurs : fonds de capital-risque, accélérateurs, incubateurs, espaces de coworking sont désormais légion. Et on peut désormais parler d’écosystème, là où quelques années auparavant il n’y avait que des efforts individuels.

Dans les prochaines années le véritable enjeu sera de développer la qualité des startups créées, maintenant que la quantité ne fait plus défaut. D’après Heba il est absolument nécessaire de faire grossir les startups égyptiennes et les faire entrer sur les marchés émergents de façon pérenne, pour garantir des créations d’emplois et de revenus à fort impact.

Ce qu’on en retient…

Heba est partie d’un constat à la sortie de ses études, un constat que beaucoup d’entre nous semblent avoir : on ne sait pas ce qu’on veut faire, mais on sait pertinemment ce qu’on ne veut pas faire. Elle a suivi son instinct et s’est lancée dans des expériences extracurriculaires pour tester d’autres domaines, toucher à d’autres métiers. Et ça a payé puisqu’elle semble avoir trouvé sa voie.

Quand on lui demande, avec le recul, si elle voit un fil rouge dans toutes ses expériences, elle nous dit seulement avoir, à chaque nouveau métier, découvert un nouveau secteur, et surtout découvert un nouveau manque, un nouveau vide, vers lequel elle s’est toujours dirigée.

Pallier aux manques : voilà son fil rouge.  

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